Qu’est-ce qu’une réduction mammaire ?

Il s’agit d’une intervention visant à réduire le volume de la poitrine en retirant la peau et la glande mammaire correspondante.

Quelles sont les patientes concernées par une réduction mammaire ?

Cette intervention s’adresse aux patientes présentant une hypertrophie mammaire. Ce terme scientifique décrit la présence d’un volume mammaire trop important (responsable le plus souvent de douleurs dorsales) à l’origine d’une ptose mammaire le plus souvent associée (la ptose mammaire est le nom scientifique décrivant les seins qui tombent).

Outre le problème fonctionnel lié aux douleurs dorsales très invalidantes dans la vie quotidienne, se greffe le problème de l’estime de soi lié à une poitrine souvent très tombante et peu représentative de la féminité.

Comment se déroule une réduction mammaire ?

  • AVANT UNE RÉDUCTION MAMMAIRE

    Lors de la consultation initiale, l’examen clinique prendra en compte l’importance de l’intervention mais également l’état de santé général de la patiente. Le chirurgien évaluera la quantité de glande à réduire et verra si une prise en charge est éventuellement envisageable si le volume de sein retiré est supérieur à 300 grammes (ce qui représente en général la perte d’au moins deux bonnets).

    Les risques liés à l’intervention seront clairement expliqués et des photos en haute résolution de l’aspect des cicatrices sera montré. Il est important de voir également l’aspect des cicatrices à 3 mois, 6 mois , un an et deux ans pour voir l’aspect final des cicatrices qui s’estompent beaucoup après un an.

    Un devis explicatif, une fiche d’information sur l’intervention ainsi qu’une demande de consentement vous seront donnés à l’issue de la consultation et vous permettront de réfléchir tranquillement et sereinement à l’intervention. En cas de décision de vous faire opérer, il vous faudra voir un anesthésiste pour une visite pré-opératoire, et faire également un bilan sanguin et une mammographie avant l’intervention.

    Une seconde consultation n’est pas obligatoire mais fortement conseillée avant l’intervention pour vous permettre de poser toutes les questions que vous n’avez peut-être posées lors de la première consultation. Cela vous permet également de vous mettre plus en confiance avec le chirurgien et cela permet également à celui-ci de faire le point sur l’intervention avant la pratique de celle-ci. Là, vous serez fin prête pour l’intervention.

  • PENDANT UNE RÉDUCTION MAMMAIRE

    L’entrée se fait la veille ou le matin même de l’intervention. L’acceptation du devis et la signature du consentement éclairé seront faits à l’entrée. Le chirurgien viendra vous voir, prendre des photos préopératoires, et réaliser ses dessins préétablis pour la réalisation de l’intervention.

    Les bas de contention seront mis dans la chambre avant de descendre au bloc opératoire. L’intervention dure en moyenne deux à trois heures selon l’importance de l’hypertrophie mammaire. La glande mammaire qui sera retirée sera pesée pour des questions de symétrisation des seins et pour pouvoir justifier d’une éventuelle prise en charge auprès de la sécurité sociale. Le tissu sera également examiné par les anatomopathologistes pour éliminer toute lésion du sein.

    Lorsque l’intervention est terminée, vous passerez une période de temps environ équivalente en salle de réveil, puis vous serez ramenée dans votre chambre. La durée d’hospitalisation est en général de 24 à 48 heures. Le lendemain ou le surlendemain, les pansements seront retirés, le premier pansement sera réalisé et on vous mettra le soutien-gorge spécial de contention.

  • APRÈS UNE RÉDUCTION MAMMAIRE

    Une période de convalescence d’une à deux semaines est en général conseillée. Cette intervention n’est pas très douloureuse et les médicaments prescrits en post opératoire permettent de la limiter très efficacement. Du fait de la longueur des cicatrices, il est préférable dans tous les cas de faire appel à une infirmière diplômée d’état pour faire les soins de cicatrice au moins dans les premiers jours.

    Un traitement anticoagulant préventif pour limiter le risque de phlébite sera également observé pendant 10 à 12 jours. Il est à noter que du fait de la longueur des cicatrices, il est fréquent de voir parfois de petites désunions dûes à l’intolérance au fil de suture. Cela n’a rien de grave et rentre dans l’ordre en quelques jours.

    Le résultat pourra être apprécié après deux à trois mois environ, temps nécessaire aux œdèmes pour se résorber totalement. Le soutien-gorge de contention devra être porté jour et nuit sur une période d’un mois. Il est à noter que dans la plupart des cas , les douleurs dorsales disparaissent totalement dès le lendemain de l’intervention.

    Des troubles de la sensibilité peuvent persister chez celles qui avaient la chance d’avoir encore de la sensibilité et l’allaitement ne sera plus possible dans l’immense majorité des cas. Tout en sachant que cette intervention s’adresse le plus souvent à des patientes qui ne souhaitent plus d’enfants.

Questions et réponses sur la réduction mammaire

EST-CE QUE LES CICATRICES SERONT VISIBLES ?

Il existe aujourd’hui 3 types de cicatrice possible pour une chirurgie de réduction mammaire:

  • La cicatrice péri aréolaire : Il s’agit d’une cicatrice qui circonscrit l’aréole dans sa totalité.
  • La cicatrice verticale : Elle associe la cicatrice périaréolaire à une cicatrice verticale qui descend jusqu’au sillon
  • La cicatrice en ancre de marine : Elle associe la cicatrice périaréolaire et verticale à une cicatrice horizontale cachée au niveau du sillon mammaire. Il faut savoir que plus le sein est gros et plus la correction nécessite des cicatrices importantes sous peine de très mauvais résultats. Il ne faut en aucun cas privilégier la longueur des cicatrices aux dépens de ce que sera la forme finale. La cicatrice périaréolaire n’est destinée qu’aux très petites hypertrophies mammaires. La cicatrice verticale est destinée aux hypertrophies moyennes. La cicatrice en ancre de marine est destinée aux hypertrophies mammaires importantes. Plus que jamais, dans ce cas, l’avis de votre chirurgien est important car il saura vous proposer la meilleure solution pour une forme finale satisfaisante.
  • QUELLE TYPE D’ANESTHÉSIE POUR CETTE INTERVENTION ?

    Cette intervention est toujours réalisée sous anesthésie générale. Aucun autre mode d’anesthésie n’est souhaitable.

  • COMBIEN DE TEMPS DURE LA CHIRURGIE DE RÉDUCTION MAMMAIRE ?

    Elle est en moyenne de deux heures à trois heures selon les cas.

  • PEUT-ON CORRIGER LE DIAMÈTRE DES ARÉOLES ?

    C’est tout à fait possible dans les cas où les aréoles ont un diamètre important. Celui ci est alors adapté au volume final des seins. Le diamètre des futures aréoles ne doit jamais être inférieur à 4,5 cm.

  • PEUT-ON CHOISIR LA TAILLE DES FUTURS SEINS ?

    Oui, car le chirurgien adapte selon les besoins la quantité de glande mammaire à retirer.

  • LA RÉDUCTION MAMMAIRE EST-ELLE DOULOUREUSE ?

    Cette intervention n’est classiquement pas douloureuse. Il peut y avoir des tensions au niveau des cicatrices mais pas de véritables douleurs.

  • LA SENSIBILITÉ DES SEINS EST-ELLE MODIFIÉE APRÈS L’INTERVENTION ?

    C’est une possibilité dans la mesure ou la dissection chirurgicale concerne l’aréole et le mamelon qui sont les zones les plus sensibles du sein. De nombreuses terminaisons nerveuses sont alors sectionnées à ce niveau amoindrissant la sensibilité. Une amélioration au fil du temps est fréquente mais rarement complète.

  • L’ALLAITEMENT EST IL POSSIBLE APRÈS L’INTERVENTION ?

    Le plus souvent, l’allaitement est compromis après l’intervention car le fait de remonter l’aréole impose de sectionner les canaux qui acheminent le lait . Il est cependant fortement conseillé d’attendre au minimum un an avant d’entreprendre une nouvelle grossesse pour que le résultat obtenu par l’intervention soit parfaitement stabilisé.

  • DOIT-ON FAIRE UNE MAMMOGRAPHIE AVANT L’INTERVENTION DE CORRECTION D’HYPERTROPHIE?

    C’est fortement conseillé, en particulier après l’âge de 30 ans. Cela a deux intérêts :

    • Dépister une éventuelle tumeurqui pourrait être retirée lors de l’intervention de réduction mammaire
    • Avoir des clichés de référence en vue des prochaines mammmographies qui suivront l’intervention